Des centaines de civils restent bloqués depuis plusieurs jours sur la route nationale numéro 5 (RN5), entre les positions des Forces armées de la République démocratique du Congo et celles du M23-AFC dans la plaine de la Ruzizi, au Sud-Kivu.
La situation est particulièrement critique dans la zone de Katogota, près de Luvungi, où des voyageurs se retrouvent coincés dans ce que plusieurs habitants appellent désormais “la zone des 100 mètres”.
Parmi les passagers bloqués figurent des chauffeurs de bus et de camions, des commerçants, des étudiants, des femmes enceintes, des malades ainsi que des hommes d’affaires qui tentaient de relier Bukavu à Uvira.
Selon plusieurs sources locales, la circulation sur cet axe stratégique a été suspendue successivement par les autorités gouvernementales puis par les M23-AFC dans un contexte de fortes tensions sécuritaires dans la province.
Cette paralysie intervient quelques jours après le retrait des rebelles de plusieurs localités de la plaine de la Ruzizi, notamment Sange.
Le mouvement citoyen Machozi ya Raiya affirme que les FARDC ont fermé la route le 14 mai avant que les rebelles ne bloquent à leur tour le passage au pont de Kamanyola le lendemain.
Des axes secondaires reliant Lubarika, Luvungi et Katongota seraient également devenus inaccessibles, empêchant tout déplacement des populations civiles.
Sur place, les conditions humanitaires se détériorent rapidement.
Des voyageurs interrogés dénoncent l’absence d’abris, de nourriture, d’eau potable et d’assistance médicale dans cette zone isolée.
« Nous dormons à même le sol. Il n’y a ni hôtels, ni restaurants, ni assistance », témoigne un passager bloqué sur l’axe.
Sous une chaleur étouffante, plusieurs familles disent craindre autant la faim que la reprise des affrontements armés.
Face à cette situation, la société civile et le mouvement Machozi ya Raiya appellent les différentes parties impliquées dans le conflit à tenir compte des conséquences humanitaires de la fermeture des routes.
Pour ces acteurs citoyens, la protection des civils et la libre circulation doivent rester garanties malgré les opérations militaires en cours dans l’Est de la RDC.



