Dans la Réserve Naturelle d’Itombwe, une nouvelle initiative de conservation veut renforcer la protection des gorilles de Grauer et des chimpanzés, deux espèces emblématiques et menacées de l’Est de la République démocratique du Congo.
L’organisation Primate Expertise, en collaboration avec l’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature, a lancé une série d’activités de formation et de renforcement des capacités au profit des équipes de gestion de la réserve.Selon les responsables du projet, des agents de terrain, trackers et écogardes ont été formés aux techniques de parataxonomie et de biomonitoring afin d’améliorer la documentation scientifique sur la biodiversité présente dans le massif d’Itombwe.
Des équipements modernes ont également été remis aux gestionnaires de la réserve pour appuyer le suivi écologique et les opérations de surveillance sur le terrain.Mais au-delà de l’aspect scientifique, l’initiative se distingue surtout par une transformation sociale symbolique : plusieurs anciens braconniers ont officiellement intégré les équipes d’écogardes.
Ces ex-chasseurs, autrefois impliqués dans des activités illégales au sein de la réserve, participent désormais à la protection de la faune et des écosystèmes.Pour les partenaires du projet, cette reconversion illustre l’importance d’associer les communautés locales aux efforts de conservation plutôt que de miser uniquement sur la répression.
« Mieux documenter pour mieux protéger », résume l’organisation Primate Expertise, qui considère la connaissance scientifique comme un levier essentiel pour la préservation des espèces menacées.
La Réserve Naturelle d’Itombwe fait partie des zones clés de conservation en Afrique centrale. Elle abrite une biodiversité exceptionnelle, notamment le gorille de Grauer, considéré comme le plus grand gorille au monde mais également l’une des espèces de grands singes les plus menacées.Le projet bénéficie de l’appui de Wild Earth Allies, partenaire engagé dans les programmes de conservation communautaire dans la région.
Dans un contexte marqué par l’insécurité et la pression humaine sur les ressources naturelles, les acteurs de conservation espèrent que cette approche participative contribuera à réduire durablement le braconnage dans les forêts d’Itombwe.



