Les familles d’accueil ayant hébergé des déplacés de guerre après les affrontements de la mi-juin 2026 entre les Wazalendo et le M23 dans le territoire de Kabare continuent de faire face aux conséquences économiques et sociales de cet élan de solidarité.
À Konge II, le témoignage de Madame Cijanga Mw’a Mushagalusa illustre les sacrifices consentis par de nombreux ménages.
Ce témoignage a été recueilli dans le cadre d’un reportage sur les aspirations des personnes déplacées et des familles d’accueil, réalisée en juin 2026 par l’organisation ZUKA et le média en ligne BKINFOS.CD auprès de 96 familles d’accueil et ménages déplacés touchés par les affrontements dans plusieurs villages situés le long du Parc national de Kahuzi-Biega.
Mère de sept enfants, Mme Cijanga explique que sa famille a accueilli 15 personnes appartenant à deux familles déplacées, faisant passer le nombre de personnes vivant sous son toit à plus d’une vingtaine.
« J’avais une réserve de farine qui s’est épuisée en seulement deux jours. Après cela, j’ai commencé à aller cultiver chez d’autres personnes pour gagner 3 000 francs congolais afin de nourrir tout le monde. Avec mon mari et nos sept enfants, nous avons accueilli quinze personnes de deux familles. Dès leur arrivée, les besoins pour manger, boire et faire la lessive ont presque quadruplé », témoigne-t-elle.»
Malgré cette pression sur les ressources du ménage, la cohabitation s’est déroulée dans un climat de respect mutuel.
« Pour vivre en paix, nous partagions la cuisine avec les femmes déplacées afin qu’elles se sentent à l’aise. Cela nous a permis de bien vivre ensemble », poursuit-elle.
Toutefois, certains besoins spécifiques des femmes et des filles sont restés sans réponse.
« Le plus grand défi concernait les autres besoins des femmes et des filles. Nous n’avions pas les moyens d’y répondre et nous avions besoin de l’aide des personnes de bonne volonté », déplore Mme Cijanga.
À travers plusieurs témoignages similaires, l’enquête de ZUKA et BKINFOS.CD met en lumière le rôle déterminant joué par les familles d’accueil dans les zones rurales du territoire de Kabare.
Elle révèle également que ces ménages, souvent eux-mêmes vulnérables, demandent un appui en vivres, en moyens de subsistance, en matériaux pour agrandir leurs habitations ainsi qu’une assistance ciblée pour répondre aux besoins spécifiques des femmes, des filles et des enfants affectés par les déplacements forcés.



