Cinq personnes ont été tuées et six autres blessées vendredi 11 septembre 2026 à Ndunda, dans la plaine de la Ruzizi, au Sud-Kivu, lors d’un affrontement impliquant des combattants wazalendo et des militaires burundais. Selon des sources locales, le différend serait parti de la récupération de la viande d’un hippopotame abattu dans la rivière Ruzizi.
par Joëlle KUJIRABWINJA
Dans la plaine de la Ruzizi, un différend autour de la viande d’un hippopotame a dégénéré en affrontement armé.
Les faits se sont produits vendredi matin à Ndunda, dans le territoire d’Uvira, à proximité de la frontière entre la République démocratique du Congo et le Burundi.
Selon plusieurs sources locales, tout aurait commencé deux jours plus tôt.
Deux hippopotames abattus en deux jours
Mercredi 9 septembre, des combattants wazalendo auraient abattu un premier hippopotame dans la rivière Ruzizi.
La rivière constitue à cet endroit une partie de la frontière entre la RDC et le Burundi.
Selon les mêmes sources, des militaires burundais auraient ensuite récupéré l’animal, sans partager sa viande avec les wazalendo.
Jeudi 10 septembre, ces derniers auraient abattu un deuxième hippopotame. L’animal aurait cependant été emporté par le courant de la rivière.
Vendredi matin, l’hippopotame a été repéré près de la frontière par des personnes se trouvant de part et d’autre de la rivière.
Côté burundais, des vendeurs de carburant auraient alerté les militaires. Côté congolais, des cultivateurs auraient prévenu les wazalendo.
Des tirs après une dispute
Les deux groupes se seraient alors retrouvés au même endroit au moment où chacun cherchait à récupérer l’animal.
Selon les sources locales, les militaires burundais auraient proposé aux wazalendo de leur laisser une partie de la viande.
Ces derniers auraient refusé, reprochant aux militaires burundais d’avoir consommé le premier hippopotame sans partager la viande.
Des échanges de tirs auraient alors éclaté.
Les circonstances exactes du déclenchement des tirs et la responsabilité de chaque camp n’ont pas pu être établies indépendamment.
Cinq morts et six blessés
Le premier bilan communiqué vendredi matin faisait état de quatre morts : deux militaires burundais et deux civils burundais.
Sept combattants wazalendo avaient également été signalés comme blessés.
Dans la soirée, l’un des blessés wazalendo, pris en charge à l’Hôpital général de référence de Sange, a succombé à ses blessures, selon les mêmes sources.
Le bilan provisoire est ainsi passé à cinq morts et six blessés.
Les autorités congolaises et burundaises n’avaient pas, au moment de la rédaction, communiqué officiellement sur cet affrontement.
Un incident qui dépasse la question de la viande
L’affaire intervient dans une zone frontalière où les ressources naturelles constituent régulièrement un enjeu pour les populations riveraines.
L’hippopotame est une espèce protégée et joue un rôle important dans les écosystèmes aquatiques de la région.
Au-delà du différend rapporté autour de sa viande, cet incident soulève donc également des questions sur la protection de la faune, la circulation des groupes armés dans la zone frontalière et la gestion des ressources naturelles entre communautés riveraines.
Ces éléments nécessitent des investigations supplémentaires pour déterminer précisément ce qui s’est passé à Ndunda et établir les responsabilités dans les violences.



