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Bukavu : le gouverneur de M23 déclare plusieurs sites impropres à la construction

BUKAVU, République démocratique du Congo — Le gouverneur du Sud-Kivu, Patrick Busu Bwa Ngwi Nshombo, a déclaré plusieurs sites de la ville de Bukavu impropres à la construction, invoquant notamment les risques d’incendies et d’éboulements.

La mesure, contenue dans l’arrêté provincial n°26/046/GP/SK du 17 septembre 2026, concerne des secteurs des communes de Bagira, Ibanda et Kadutu.

L’arrêté intervient alors que Bukavu a été confrontée ces derniers mois à plusieurs incendies et autres catastrophes affectant des habitations et des populations dans différents quartiers de la ville.

Des sites concernés dans les trois communes

À Bagira, les zones déclarées impropres à la construction se trouvent notamment dans les quartiers Buholo-Kasha, Ciriri, Kanoshe, Lumumba et Nyakavogo.

Sont cités plusieurs tronçons des avenues Busani I et II, Kasheke III, Igomba, Karhundu, Cizunguza, Lukola, Luganda, Maly oha, Makoma II, Marché Nkunda et Moulins/Kazingo.

Dans la commune d’Ibanda, l’arrêté vise notamment des sites des quartiers Ndendere, Nyalukemba et Panzi.

À Ndendere, certaines zones situées au-dessus de la route conduisant au poste frontalier de Ruzizi II sont concernées, ainsi qu’un secteur proche de la route vers Ruzizi I et un espace vert situé sous la prison centrale de Bukavu, de part et d’autre de la route d’Uvira.

L’arrêté mentionne également un site situé derrière le Petit Marché Feu Rouge, au bord du lac Kivu, jusqu’à la Place de l’Indépendance.

À Nyalukemba, sont notamment concernés les abords des avenues Hewa-Bora I et II, à proximité du cimetière de la Ruzizi, ainsi qu’un site de l’avenue de la Montagne, à Kanga, décrit comme fortement proche de la rivière Ruzizi.

À Panzi, plusieurs secteurs sont concernés, notamment autour des avenues Gyahamba, Elila, Kimbangu 1er, Ruzizi, Karisimbi et Kaziba. Le cimetière de Panzi, sur l’axe Mushununu, figure également dans la liste.

Un délai de 30 jours à Kadutu

À Kadutu, l’arrêté cible plusieurs sites situés dans les quartiers Kasali, Mosala, Nkafu et Nyakaliba.

Il s’agit notamment du site Kabwa-Kasire sur l’avenue Murhundu, du site Mpwempwe à Buholo IV/Salongo, de l’avenue Funu 10/Nakishe, du site Camp Barega près de l’Hôpital général et de l’avenue Kadurhu, également appelée Yesu-Yesu.

Pour ces sites, les habitants sont sommés de démolir leurs habitations dans un délai de 30 jours calendrier à compter de la publication officielle de l’arrêté.

Passé ce délai, les pouvoirs publics indiquent qu’ils pourront procéder eux-mêmes aux démolitions, aux frais des propriétaires des constructions concernées.

L’arrêté précise toutefois que cette sommation sera ensuite notifiée progressivement aux habitants des autres communes de Bukavu par une circulaire du gouverneur.

Une interdiction de reconstruire sur les sites incendiés

Le gouvernorat interdit également toute nouvelle construction sur les sites ayant été touchés par des incendies, jusqu’à nouvel ordre.

Selon l’arrêté, cette suspension doit permettre aux services compétents de réaliser des études afin de déterminer si la construction peut ou non être autorisée sur les terrains concernés.

Le gouverneur justifie la décision par la volonté de protéger les habitants, notamment les enfants et les personnes vivant avec un handicap, face aux risques de catastrophes.

Le document dénonce également ce qu’il qualifie de pratiques « négligentes » et de « corruptibilité » de certains responsables de l’administration de base et des services fonciers, auxquels il reproche d’avoir permis l’attribution de parcelles sur des sites jugés impropres à la construction.

Une décision qui pose la question du relogement

La décision ouvre toutefois plusieurs questions pour les centaines, voire les milliers d’habitants installés dans les zones concernées : quelles seront les modalités de leur relogement, comment les propriétaires seront-ils indemnisés lorsqu’ils disposent de documents fonciers, et quelles études techniques ont conduit au classement de chaque site comme impropre à la construction ?

L’arrêté ne détaille pas de mécanisme de relogement ou d’indemnisation des occupants concernés.

Pour une ville densément peuplée comme Bukavu, où les terrains constructibles sont rares et où les constructions se sont développées sur des pentes, près des cours d’eau et dans des zones exposées aux risques, la mise en œuvre de cette décision pourrait avoir d’importantes conséquences sociales et foncières.

L’arrêté est entré en vigueur le 17 septembre 2026, date de sa signature.

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