À l’occasion de la Journée internationale de sensibilisation à l’albinisme, célébrée le 13 juin de chaque année, plus de 70 personnes atteintes d’albinisme ont reçu des crèmes solaires, des lunettes de protection et des parapluies à Bukavu, dans l’est de la République démocratique du Congo.
L’initiative est portée par l’Organisation pour l’Intégration des Personnes Vulnérables et Albinos (OIPVA), qui souhaite attirer l’attention sur les difficultés auxquelles cette communauté reste confrontée.
Pour les personnes atteintes d’albinisme, l’exposition prolongée au soleil représente un risque majeur pour la santé. Dans un pays où l’accès aux produits de protection solaire demeure limité pour de nombreuses familles, ces équipements sont souvent considérés comme essentiels.
Mais au-delà des besoins médicaux, les responsables de l’organisation dénoncent la persistance des discriminations et des préjugés.
« Certaines personnes continuent de croire que la naissance d’un enfant albinos est liée à une malédiction. Ces stéréotypes contribuent à l’exclusion sociale de nombreuses familles », explique Marie-Louise Kitoga, responsable de l’OIPVA.
Selon elle, les personnes atteintes d’albinisme rencontrent également des obstacles dans l’accès à l’emploi et à certaines opportunités économiques.
« Elles ont les mêmes capacités que les autres citoyens. La seule différence réside dans la pigmentation de leur peau. Pourtant, elles restent souvent écartées du marché du travail », regrette-t-elle.
Cette année, la Journée internationale de sensibilisation à l’albinisme est célébrée sous le thème :
« Célébrons toutes les couleurs de peau et soyons fiers de notre peau ».
Pour les défenseurs des droits des personnes atteintes d’albinisme, ce message vise à promouvoir l’acceptation de la diversité et à renforcer la confiance en soi des personnes concernées.
Malgré l’assistance distribuée, l’OIPVA estime que les besoins restent largement supérieurs aux moyens disponibles. L’organisation affirme que plus d’une centaine de personnes atteintes d’albinisme nécessitent un accompagnement régulier à Bukavu et dans les territoires voisins.
Face à cette situation, elle appelle les autorités congolaises, les organisations humanitaires et les partenaires internationaux à renforcer leur soutien en faveur d’une communauté qui, selon ses responsables, demeure parmi les plus vulnérables et les plus marginalisées de la société.
Pour de nombreux bénéficiaires, la lutte ne se limite pas à l’accès aux soins ou aux équipements de protection. Elle concerne aussi la reconnaissance de leur dignité, de leurs droits et de leur place au sein de la société congolaise.



