Le Sud-Kivu a rendu, lundi 1er juin 2026, un dernier hommage à Vénantie Bisimwa, figure emblématique du mouvement féministe congolais, décédée dans un accident de circulation survenu sur l’axe Masaka-Mbarara, en Ouganda, alors qu’elle voyageait à bord d’un bus reliant Kampala à Goma, dans la province du Nord-Kivu.
Dès les premières heures de la matinée, une messe de requiem a été célébrée à la paroisse Saint-Pierre Claver de Nguba, à Bukavu, après un moment de recueillement organisé au domicile familial.
La cérémonie a réuni des membres de sa famille, des responsables d’organisations de la société civile, des défenseurs des droits humains ainsi que de nombreuses militantes venues lui rendre un dernier hommage.
À l’issue de la célébration, sa dépouille a été conduite à Kafulumaye, dans le territoire de Kabare, où elle a été inhumée dans l’après-midi. L’émotion était vive parmi les proches et les nombreuses femmes engagées qui voyaient en elle une référence dans le combat pour l’égalité et la justice sociale.
Née à Bukavu en 1956, Vénantie Bisimwa a consacré une grande partie de sa vie à la promotion des droits des femmes et des filles. Fondatrice de l’Association des Femmes Cadres pour l’Épanouissement Intégral de la Femme (AFECEF), considérée comme l’un des premiers mouvements féministes du Sud-Kivu, elle a contribué à faire émerger la voix des femmes dans les espaces de décision et de plaidoyer.
Son engagement s’est également illustré dans la lutte contre les violences sexuelles. En 2006, elle figurait parmi les militantes ayant porté le plaidoyer en faveur de l’adoption de la loi réprimant les violences sexuelles en République démocratique du Congo, aujourd’hui considérée comme un texte de référence dans la protection des survivantes.
Ancienne coordinatrice nationale du Réseau des Femmes pour la Défense des Droits et la Paix (RFDP) et ex-bourgmestre adjointe de la commune de Bagira, Vénantie Bisimwa laisse derrière elle un héritage important dans les domaines des droits humains, de la paix et de l’autonomisation des femmes.
Pour de nombreuses organisations féminines du Sud-Kivu et de la RDC, sa disparition marque la perte d’une pionnière dont le combat continuera d’inspirer les générations futures.



