À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse célébrée le 17 juin, le professeur Muhindo Sahani Walere, spécialiste en géorisques et climato-risques, a mis en garde contre la dégradation progressive des terres agricoles, un phénomène qui menace de plus en plus les moyens de subsistance des populations dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Enseignant à l’Université Catholique du Graben (UCG) de Butembo, à l’Université de Kisangani et chercheur à l’Université de Liège en Belgique, l’expert explique que la désertification se manifeste par une diminution progressive de la fertilité des sols, une perte de la couverture végétale ainsi qu’une raréfaction des ressources en eau.
« La désertification est un processus de dégradation des terres qui réduit leur capacité à produire et à maintenir les équilibres écologiques. Elle résulte à la fois des activités humaines et des effets du changement climatique », a-t-il indiqué.
Selon lui, plusieurs facteurs contribuent à l’accélération de ce phénomène, notamment la déforestation, l’exploitation intensive des terres agricoles, les pratiques culturales inadaptées et l’augmentation des épisodes climatiques extrêmes.
Pour les communautés rurales dont l’agriculture constitue la principale source de revenus, les conséquences sont déjà perceptibles. Baisse des rendements agricoles, érosion des sols, diminution des sources d’eau et insécurité alimentaire figurent parmi les principaux défis auxquels sont confrontés de nombreux ménages.
Face à cette situation, le professeur Walere recommande le renforcement des programmes de reboisement, la protection des forêts naturelles ainsi que la promotion de techniques agricoles durables permettant de restaurer les terres dégradées.
À l’occasion de cette journée internationale, il a également appelé les autorités, les organisations environnementales et les citoyens à s’impliquer davantage dans la préservation des ressources naturelles.
« La protection des sols et des écosystèmes n’est pas seulement une question environnementale. C’est aussi un enjeu de sécurité alimentaire, de développement et de survie pour les générations futures », a-t-il souligné.
Alors que les effets du changement climatique se font sentir dans plusieurs régions de la RDC, les experts estiment que la lutte contre la désertification constitue désormais une priorité pour préserver la productivité agricole et renforcer la résilience des communautés face aux crises environnementales.
Par Ange Kavuya, à Butembo.



