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Sud-Kivu/Kabare : Une étude révèle qu’à Konge, des familles déplacées survivent dans l’attente d’une aide qui tarde à venir

Assise devant une petite maison en terre battue à Konge, dans le territoire de Kabare, une mère de huit enfants regarde au loin. Sa voix tremble lorsqu’elle évoque son village qu’elle a fui il y a plusieurs mois.

« Mon mari est parti au champ et n’est jamais revenu. Plus tard, on nous a annoncé qu’il avait été tué. Depuis, je suis seule avec mes enfants. Certains jours, nous passons la journée sans manger », raconte-t-elle.

Comme elle, des centaines de personnes déplacées vivent aujourd’hui à Konge après avoir fui les affrontements armés qui secouent les groupements de Mudaka et Miti, au Sud-Kivu.

Originaires de Kafulumaye, Kashasha, Kajeje, Mubumbu et d’autres villages touchés par l’insécurité, elles ont trouvé refuge auprès de familles d’accueil déjà confrontées à leurs propres difficultés.

Une étude menée du 15 au 20 juin 2026 par ZUKA SARL et BKINFOS ASBL auprès de 96 chefs de ménages, dont plusieurs issus des peuples autochtones vivant aux alentours du Parc national de Kahuzi-Biega, révèle une réalité marquée par la faim, la précarité et l’incertitude.

Dans certaines habitations, jusqu’à vingt personnes partagent quelques pièces.La nourriture se fait rare, les vêtements manquent et l’accès aux soins reste un luxe pour de nombreuses familles.

« Quand un enfant tombe malade, nous sommes obligés d’attendre. Nous n’avons pas d’argent pour l’hôpital », explique une autre déplacée rencontrée à Konge 2

.Les conséquences de la crise ne sont pas seulement matérielles. Derrière chaque famille se cache une histoire de fuite, de séparation ou de deuil. Plusieurs personnes interrogées disent avoir assisté à des violences ou perdu des proches avant de quitter leurs villages.

Les enfants paient également un lourd tribut. Beaucoup ont interrompu leur scolarité et passent leurs journées dans les sites d’accueil ou aux alentours des habitations qui les hébergent.

Les communautés autochtones figurent parmi les plus vulnérables. Déjà fragilisées avant le conflit, elles voient aujourd’hui leurs moyens de subsistance disparaître progressivement.

Face à cette situation, les déplacés lancent un appel aux organisations humanitaires, aux autorités et aux personnes de bonne volonté. Ils réclament une assistance alimentaire, médicale et psychosociale d’urgence.

À Konge, l’espoir d’un retour à la normale reste vivant. Mais pour de nombreuses familles, la priorité demeure simple : trouver de quoi manger, soigner les enfants malades et retrouver un peu de dignité après des mois de souffrance.

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