Des acteurs du secteur de la pêche sur le lac Kivu plaident pour un renforcement des contrôles visant les fournisseurs et distributeurs de matériels de pêche avant la réouverture des zones actuellement fermées dans le cadre des mesures de protection des ressources halieutiques.
Cette demande a été formulée par Soleil Kashinze, coordonnateur de la Coalition des pêcheurs du lac Kivu (COPELAKI), à la suite des opérations de saisie et d’incinération de filets de pêche jugés illicites menées récemment dans plusieurs localités riveraines du lac.
Selon lui, les autorités devraient organiser une mission d’inspection auprès des dépôts et magasins spécialisés dans la vente des équipements de pêche afin d’identifier les fournisseurs qui mettent sur le marché des engins non conformes à la réglementation en vigueur.
« Avant l’ouverture du bassin de Bukavu actuellement fermé à la pêche, il serait important qu’une mission d’inspection soit menée pour identifier les fournisseurs et les magasins de stockage des matériels de pêche. Un certificat de conformité devrait leur être délivré afin d’éviter que les pêcheurs continuent à être victimes des sanctions liées à l’utilisation d’équipements interdits », a déclaré Soleil Kashinze.
Pour ce responsable, les pêcheurs artisanaux se retrouvent souvent pénalisés alors que les circuits d’approvisionnement des matériels prohibés demeurent peu contrôlés.
Il estime qu’une meilleure régulation du marché permettrait de réduire les conflits entre les services de contrôle et les communautés de pêcheurs.Il appelle également à la mise en place d’un accompagnement juridique adapté aux réalités du secteur.
« La pêche est un métier qui nécessite un encadrement juridique tenant compte des spécificités de chaque lac et de chaque écosystème. Les pêcheurs ont besoin d’être mieux informés et mieux représentés afin de défendre leurs intérêts dans le respect des règles de conservation », a-t-il ajouté.
Soleil Kashinze plaide par ailleurs pour un leadership responsable au sein des organisations de pêcheurs. Selon lui, le secteur doit être représenté par des personnes capables de défendre efficacement les droits des pêcheurs tout en contribuant à la préservation durable des ressources halieutiques.
Ces préoccupations interviennent alors que plusieurs zones du lac Kivu restent soumises à une fermeture saisonnière destinée à protéger les frayères et favoriser la reproduction des poissons.
Les autorités présentent ces mesures comme essentielles à la sauvegarde des ressources aquatiques, tandis que les pêcheurs demandent davantage d’équité dans l’application de la réglementation, notamment en responsabilisant les fournisseurs d’engins interdits.
Les organisations de pêcheurs espèrent que leurs recommandations seront prises en compte avant la réouverture des zones concernées, prévue dans les prochaines semaines.



