Face aux préoccupations croissantes liées à la qualité de l’eau et à la salubrité urbaine, la mairie de Bukavu a engagé une série de mesures destinées à mieux encadrer la production et la commercialisation de l’eau, tout en renforçant le contrôle des activités économiques et de l’environnement urbain.
Dans deux communiqués signés par le maire de la ville, Nicolas Kyalangalilwa Mulondani de AFC M23 les autorités municipales annoncent à la fois l’obligation de faire analyser l’eau vendue aux consommateurs et le déploiement d’équipes chargées de contrôler le respect de plusieurs réglementations dans la ville.
Certification obligatoire pour les producteurs d’eau
Selon le premier communiqué, toute personne physique ou morale produisant ou commercialisant de l’eau, notamment à partir de forages ou de camions-citernes, devra désormais obtenir un certificat de qualité délivré après des analyses physicochimiques et bactériologiques réalisées par la Division provinciale de la santé (DPS) du Sud-Kivu.
La mesure s’appuie sur la loi n°15/026 du 31 décembre 2025 relative à l’eau, qui rend obligatoire le contrôle sanitaire de l’eau destinée à la consommation.
Les producteurs disposent d’un délai d’une semaine pour se faire identifier auprès de la mairie et engager les démarches nécessaires. À défaut, ils s’exposent à des sanctions prévues par la législation en vigueur.
Pour les autorités de mouvement politico militaire, cette initiative vise à mieux connaître l’origine et la qualité de l’eau consommée par les habitants, dans une ville où les réseaux publics d’approvisionnement restent insuffisants et où de nombreux ménages dépendent de fournisseurs privés.
Une opération de contrôle à grande échelle
Parallèlement, la mairie annonce le déploiement de ses équipes sur le terrain afin de vérifier le respect de plusieurs règles touchant à l’urbanisme, à la santé publique et à l’environnement.
Les contrôles portent notamment sur les autorisations d’exploitation des producteurs et vendeurs d’eau, les dispositifs de prévention contre Ebola et les incendies dans les espaces commerciaux, la gestion des eaux usées, la pollution sonore, ainsi que la conformité des établissements commerciaux aux exigences d’aménagement urbain.
Les agents municipaux devront également lutter contre les déversements d’eaux usées sur la voie publique.
Des enjeux sanitaires et environnementaux
Ces décisions interviennent dans un contexte où Bukavu fait face à une croissance urbaine rapide, à des difficultés d’accès à l’eau potable et à une pression croissante sur les infrastructures d’assainissement.
Pour les spécialistes de la santé publique, le contrôle régulier de la qualité de l’eau constitue un levier important de prévention des maladies hydriques, tandis que l’amélioration de la gestion des eaux usées contribue à limiter les risques de contamination et de dégradation de l’environnement urbain.
La réussite de ces mesures dépendra toutefois de leur application effective, de la capacité des services techniques à assurer les contrôles annoncés et de l’adhésion des producteurs, commerçants et habitants concernés.



