À Cahi, dans la commune de Bagira, la pénurie d’eau potable n’est plus seulement un problème d’approvisionnement. Elle est devenue une crise de santé publique, de sécurité et de gouvernance. Plus de 175 000 habitants, selon la Société civile locale, vivent depuis plusieurs années avec des robinets à sec, malgré l’existence d’infrastructures censées les approvisionner.
Dans une lettre adressée au directeur provincial de la REGIDESO, les représentants de la Société civile rappellent que sept bornes-fontaines avaient été construites dans le cadre du projet IMMAGINE, mis en œuvre par Mercy Corps.
Pourtant, depuis 2021, ces ouvrages ne fournissent plus d’eau.Les conséquences se font sentir chaque jour. Les habitants parcourent de longues distances à la recherche d’eau, parfois au péril de leur vie. Selon les responsables communautaires, des enfants se sont noyés en tentant de s’approvisionner dans des points d’eau non sécurisés.
Les centres de santé peinent à assurer les règles élémentaires d’hygiène, tandis que les risques de choléra, d’Ebola et d’autres maladies hydriques demeurent élevés.
À cette difficulté s’ajoute une autre source de frustration : plusieurs ménages affirment continuer à recevoir des factures de consommation alors que leurs robinets restent désespérément secs.
Face à ces accusations, la REGIDESO reconnaît les difficultés mais attribue une partie du problème aux raccordements clandestins qui auraient détourné le réseau initialement destiné aux bornes-fontaines.
L’entreprise indique qu’une opération de contrôle est en cours depuis avril afin d’identifier les branchements illégaux et les consommateurs non enregistrés.
Cette explication ne convainc toutefois pas entièrement les habitants, qui estiment que la lutte contre la fraude ne peut justifier plusieurs années sans accès régulier à un service aussi essentiel que l’eau potable.
Au-delà du cas de Cahi, cette situation pose une question plus large : comment garantir le droit à l’eau lorsque les infrastructures existent mais ne remplissent plus leur mission ? Les experts rappellent qu’au-delà de la répression des raccordements illicites, des investissements dans la réhabilitation des réseaux, une meilleure transparence de la gestion et un dialogue permanent avec les communautés sont indispensables.
Pour les familles de Cahi, l’urgence reste la même : voir l’eau couler de nouveau aux bornes-fontaines et dans les robinets. Car derrière chaque journée sans eau se cachent des risques sanitaires, des pertes économiques et une qualité de vie qui continue de se dégrader.
Les habitants demandent désormais un calendrier clair de rétablissement du service, tandis que la REGIDESO est attendue sur des résultats concrets de l’opération de régularisation en cours.
Dans uune conférence de presse au début de l’année 2026, la regideso avait annoncé qu’elle sert à 65% des habitants de Bukavu de l’eau potable ce qui conteste plusieurs habitants.



