Par Janvier Barhahiga
Des survivants des violences qui ont marqué l’est de la République démocratique du Congo ont appelé les autorités à accélérer les efforts de justice, de réparation et de recherche des personnes disparues lors de la commémoration de la Journée nationale du GENOCOST, organisée dimanche à Uvira.
Réunis à la Place du Monument, dans la commune de Mulongwe, autorités provinciales, représentants de la société civile, responsables religieux et associations de victimes ont observé une minute de silence en hommage aux personnes tuées au cours des conflits qui affectent l’est du pays depuis plus de trois décennies.
Au cœur de la cérémonie, plusieurs survivants ont livré leurs témoignages, rappelant les conséquences humaines durables des violences sur les familles et les communautés.
Ils ont notamment demandé que les victimes soient identifiées, que les personnes portées disparues soient recherchées et que les mécanismes de réparation deviennent effectifs.
Au-delà du devoir de mémoire
Pour les organisations de défense des droits humains, les cérémonies commémoratives contribuent à préserver la mémoire collective. Mais elles soulignent également que les attentes des victimes concernent avant tout l’accès à la vérité, à la justice et à des réparations concrètes.
Lors de son intervention, le gouverneur intérimaire du Sud-Kivu, Jean-Jacques Elakano M’Yewa, représentant le gouverneur Jean-Jacques Purusi Sadiki, a réaffirmé l’engagement du gouvernement provincial à poursuivre les initiatives liées à l’identification des victimes, au projet de mémorial provincial du GENOCOST et aux démarches visant une reconnaissance internationale du GENOCOST.
Le responsable provincial a également évoqué les principes de vérité, de justice et de non-répétition comme fondements des actions annoncées.
Mémoire et reconstruction
Dans une province où les conflits armés continuent de provoquer déplacements, pertes humaines et traumatismes, plusieurs observateurs estiment que les politiques mémorielles ne peuvent produire leurs effets sans un accompagnement des survivants et un renforcement des mécanismes judiciaires.
Pour les familles présentes à Uvira, la commémoration représente autant un moment de recueillement qu’un rappel des défis qui restent à relever.
En inscrivant les mots « Plus jamais ça » sur le Mur des Millions, les autorités provinciales ont voulu réaffirmer leur volonté de prévenir la répétition des violences.
Pour de nombreux survivants, cependant, la construction d’une paix durable dépendra aussi de la capacité des institutions à répondre aux demandes de justice, à lutter contre l’impunité et à restaurer la confiance des populations affectées.



