À Funu, dans la commune de Kadutu à Bukavu, l’incendie qui a atteint deux complexes scolaires a provoqué une scène de panique parmi les élèves. Moïse Lubala, chef de l’avenue Maendeleo, raconte les premières minutes du drame et affirme avoir vu des enfants tenter de fuir par les fenêtres.
« Aujourd’hui matin, à 8h10, alors que nous nous préparions à vaquer à nos occupations, nous avons vu le feu sortir de cette maison, le long de l’école », raconte Moïse Lubala.
Selon lui, les habitants pensaient dans un premier temps que les flammes ne se propageraient pas.
Mais le feu a rapidement atteint le complexe scolaire Furaha.
La sortie de l’établissement est alors devenue difficile.
« La porte de sortie était trop petite. Les élèves, les uns, ont commencé à sauter par les fenêtres et les autres par la porte de sortie. »
Dans la confusion, le feu continuait de progresser vers le complexe scolaire Ujamaa.
Pour le chef de l’avenue, c’est à ce moment que la situation est devenue particulièrement chaotique.
« Le fait que les élèves voient chacun forcer la sortie les a amenés à se bousculer et à se piétiner. »
Neuf enfants signalés au centre de santé
Moïse Lubala affirme qu’au cours de la première heure suivant le début de l’incendie, neuf enfants ont été amenés au centre de santé Nyamulagira.
Il dit avoir constaté qu’ils ne bougeaient plus.
« On a enregistré neuf enfants décédés au centre de santé Nyamulagira », affirme-t-il, avant de préciser qu’il ne pouvait pas lui-même confirmer leur décès.
Selon son témoignage, les corps ne présentaient pas de signes visibles de brûlures.
« Ils n’ont pas de signes de brûlures, mais ils ont été piétinés », affirme-t-il.
Le chef d’avenue insiste toutefois sur le fait que seuls les médecins peuvent confirmer les décès et en déterminer les circonstances.
« J’ai personnellement vu les enfants sauter par les fenêtres »
Le témoignage de Moïse Lubala intervient alors que des informations circulant sur les réseaux sociaux accusent de présumés enseignants d’avoir fermé l’école avec des élèves à l’intérieur.
Le chef de l’avenue rejette cette version.
« J’ai personnellement vu les enfants en train de sauter par les fenêtres de l’école et fuir. »
Il poursuit :
« Que gagnerait un enseignant en enfermant les enfants dans une école alors qu’il y a un incendie ? »
Pour lui, ces accusations doivent être considérées avec prudence tant que les circonstances exactes de l’évacuation n’ont pas été établies.
Le feu s’étend vers deux avenues
Toujours selon Moïse Lubala, l’incendie s’est ensuite propagé vers l’avenue Nyabianda, dans la commune de Bagira, et l’avenue Maendeleo, dans la commune de Kadutu.
Son récit décrit ainsi les premières minutes d’un incendie qui, parti d’une maison située à proximité d’une école, s’est rapidement transformé en mouvement de panique.
Les causes du sinistre, le nombre définitif de victimes et les circonstances exactes des décès restent à établir par les autorités et les services médicaux.



