Par Janvier Barhahiga
La République démocratique du Congo veut renforcer sa politique de mémoire autour des violences ayant marqué son histoire récente. À l’occasion de la Journée nationale du GENOCOST, le président Félix Tshisekedi a annoncé une série de réformes destinées à préserver les preuves des crimes, soutenir la recherche et porter la question sur la scène internationale.
Ces engagements s’inscrivent dans une démarche de reconnaissance des souffrances des victimes et de construction d’un cadre institutionnel consacré à la mémoire, alors que les conflits continuent d’affecter plusieurs provinces de l’est du pays.
Un musée pour préserver les preuves et les témoignages
Parmi les principales annonces figure la concrétisation du projet de Musée national du GENOCOST. Selon la présidence, les études préparatoires sont en cours.
L’objectif est de créer un espace destiné à conserver les archives, les témoignages des survivants, les preuves matérielles ainsi que les travaux scientifiques relatifs aux violences documentées en RDC.
Pour plusieurs spécialistes des processus mémoriels, les musées jouent un rôle central dans la transmission de l’histoire et la préservation des éléments de preuve pour les générations futures.
Renforcer le cadre juridique
Le chef de l’État a également demandé au Parlement d’examiner de nouveaux textes visant à renforcer la justice transitionnelle, protéger le patrimoine mémoriel et lutter contre la falsification de l’histoire.
Le gouvernement prévoit par ailleurs de poursuivre la mise en œuvre d’une stratégie nationale d’appropriation du GENOCOST, appelée à servir de cadre de référence pour les politiques publiques en matière de mémoire, de reconnaissance, de justice et de réparation.
Afin d’assurer son application, cette stratégie devrait bénéficier de financements spécifiques dès le prochain exercice budgétaire.
Faire reconnaître les crimes au niveau international
Les autorités congolaises annoncent vouloir intensifier leurs démarches diplomatiques auprès des Nations unies, de l’Union africaine et d’autres organisations internationales afin de promouvoir une reconnaissance plus large des crimes commis en RDC.
Elles souhaitent également renforcer la collecte des témoignages, la conservation des preuves et le soutien à la recherche scientifique sur les violences ayant affecté le pays.
Des attentes qui demeurent
Si ces annonces marquent une évolution de la politique mémorielle de l’État congolais, plusieurs demandes formulées depuis des années par des organisations de défense des droits humains et des associations de victimes ne figurent pas parmi les mesures annoncées.
Celles-ci incluent notamment la création d’un tribunal pénal international, la mise en place d’une commission vérité, l’accès à certaines données du Rapport Mapping des Nations unies ainsi que l’ouverture de nouvelles procédures judiciaires spécifiques.
Pour de nombreux observateurs, la capacité des nouvelles initiatives à répondre aux attentes des victimes dépendra désormais de leur mise en œuvre effective, de l’allocation des ressources promises et de leur articulation avec les mécanismes nationaux et internationaux de justice.
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