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À Minova, un diplômé transforme son chômage en élevage et mise sur les oies pour construire son avenir

Dans une parcelle de Minova, au bord du lac Kivu, les premiers visiteurs sont souvent accueillis non par des humains, mais par une nuée de poules, de canards, de dindons et d’oies. Cette scène inhabituelle raconte l’histoire d’un jeune diplômé qui a choisi de faire de l’élevage une réponse au chômage.Titulaire d’une licence obtenue à l’Institut supérieur de développement rural (ISDR) de Bukavu, il raconte avoir passé plusieurs années à chercher un emploi sans succès.

« Comme beaucoup de jeunes, je pensais qu’après mes études je trouverais rapidement du travail. J’ai envoyé des candidatures dans plusieurs organisations, mais je n’ai jamais été retenu », explique-t-il.

Après un passage dans des projets de développement rural consacrés à la promotion de l’élevage, il perd son emploi. Plutôt que de poursuivre une longue recherche de travail salarié, il décide d’investir les économies dont il dispose dans une petite ferme familiale.Il commence modestement avec quelques lapins, des cobayes et de la volaille.

Deux ans plus tard, son exploitation compte plusieurs espèces et attire des acheteurs venus de Minova, Bukavu et parfois même de Goma.Parmi les animaux qu’il élève, les oies représentent aujourd’hui l’activité la plus rentable.

« Un jeune oison peut être acheté autour de 35 dollars. Une fois adulte, il peut être vendu entre 120 et 130 dollars selon la période et la demande », affirme-t-il.

Au-delà de leur valeur commerciale, les oies présentent d’autres avantages : elles se reproduisent facilement, nécessitent relativement peu d’investissements et s’adaptent aux conditions rurales de l’est de la RDC.Cette expérience a inspiré un visiteur originaire de Kiwanja, dans le territoire de Rutshuru.

De retour chez lui, il décide d’utiliser une partie de la parcelle familiale, jusque-là inexploitée, pour lancer un petit élevage.Avec environ 40 000 francs congolais, il achète deux canes et emprunte un mâle à un membre de sa famille. Quelques mois plus tard, les premières naissances confirment, selon lui, le potentiel économique de cette activité.

Dans l’est de la République démocratique du Congo, où le chômage touche de nombreux jeunes diplômés et où les conflits armés ont fragilisé les moyens de subsistance, plusieurs acteurs du développement considèrent les petites exploitations agricoles et l’élevage familial comme des alternatives capables de renforcer les revenus des ménages tout en améliorant leur sécurité alimentaire.

Pour ce jeune entrepreneur, son parcours remet en question l’idée selon laquelle la réussite passe uniquement par un emploi de bureau.

« Mon diplôme reste important, mais aujourd’hui c’est mon élevage qui fait vivre ma famille. J’ai compris qu’il est possible de créer son propre emploi à partir des ressources disponibles », conclut-il.

Son histoire illustre une tendance observée dans plusieurs territoires de l’est de la RDC, où certains jeunes diplômés se tournent vers l’agriculture et l’élevage pour construire des activités résilientes face à un marché du travail particulièrement limité.

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