Une assemblée générale des acteurs locaux du CAP s’est ouverte au Maniema autour de la conservation de la faune et du renforcement de la coopération entre les services publics et la société civile. Les travaux, lancés par le ministre provincial de l’Environnement, doivent durer trois jours.
À Kindu, dans la province du Maniema, les acteurs engagés dans la conservation de la biodiversité se réunissent pour réfléchir à de nouveaux mécanismes de lutte contre la criminalité faunique.
Les travaux de l’assemblée générale des acteurs locaux du CAP ont été officiellement lancés par le ministre provincial de l’Environnement.
Pendant trois jours, experts, représentants de l’administration et organisations de la société civile doivent examiner les difficultés rencontrées sur le terrain et élaborer des stratégies communes pour renforcer la protection de la faune.
Cinq priorités au centre des discussions
Les participants se sont fixé cinq principaux objectifs.
Le premier consiste à examiner le fonctionnement de la sous-coordination d’Ushiriki au Maniema, afin d’identifier les éventuelles difficultés et d’améliorer son efficacité.
Le deuxième porte sur la mise en place de mécanismes locaux de prévention et de répression de la criminalité faunique.
Le troisième objectif vise à instaurer un cadre permanent de concertation entre l’Institut congolais pour la conservation de la nature (ICCN) et les organisations de la société civile engagées dans la conservation.
Les participants souhaitent également établir un lien entre le CAP et le plaidoyer en faveur de la conservation des grands singes, avec l’ambition de renforcer l’appropriation de cet enjeu au niveau local.
Enfin, ils entendent plaider pour l’intégration du Maniema et de Walikale dans le corridor vert Kivu-Kinshasa, présenté comme un axe important pour les efforts de conservation.
Des stratégies contre le trafic de la faune
La criminalité faunique constitue l’un des principaux défis auxquels sont confrontés les efforts de conservation en République démocratique du Congo.
Braconnage, commerce illégal d’espèces sauvages et autres formes d’exploitation de la faune peuvent fragiliser les populations animales et les écosystèmes.
Au cours de cette rencontre, les experts doivent donc réfléchir à des mécanismes permettant de mieux prévenir ces pratiques et d’améliorer la réponse au niveau local.
L’une des pistes envisagées concerne notamment l’élaboration de propositions d’édits provinciaux susceptibles d’appuyer les démarches de prévention et de répression.
Renforcer la coopération locale
Au-delà des mesures répressives, les participants veulent également renforcer la collaboration entre les institutions chargées de la conservation et les organisations locales.
L’objectif est de créer un espace de dialogue permanent permettant aux différents acteurs de partager les informations, de coordonner leurs interventions et de mieux prendre en compte les réalités des communautés.
Pour les promoteurs de cette initiative, la conservation ne peut en effet reposer uniquement sur les institutions publiques ou les gestionnaires des aires protégées.
Elle nécessite également l’implication des organisations de la société civile et des communautés vivant à proximité des zones riches en biodiversité.
Le défi de l’appropriation locale
La conservation des grands singes figure également parmi les priorités annoncées.
L’enjeu est de faire en sorte que la protection de ces espèces ne soit pas uniquement portée par des acteurs nationaux ou internationaux, mais qu’elle soit également comprise et soutenue au niveau local.
L’intégration du Maniema et de Walikale au corridor vert Kivu-Kinshasa constitue, dans ce cadre, un autre axe du plaidoyer porté par les participants.
Les trois jours de travaux devront ainsi déboucher sur des propositions et des stratégies susceptibles d’être mises en œuvre au-delà de la rencontre.
Le véritable enjeu sera désormais de transformer les recommandations issues de l’assemblée en mécanismes locaux de protection de la faune, en meilleure coordination entre les acteurs et en instruments juridiques applicables sur le terrain.



