Par Joëlle KUJIRABWINJA
Plusieurs incendies ont frappé la ville de Bukavu, dans l’est de la République démocratique du Congo, entre le 2 et le 6 septembre 2026. Des dizaines de maisons, des commerces et deux établissements scolaires ont été détruits. Les chiffres communiqués par les sources locales restent toutefois à consolider.
À Bukavu, la succession des incendies inquiète les habitants.
En l’espace de cinq jours, plusieurs quartiers de la ville ont été touchés par des sinistres qui ont causé d’importantes pertes matérielles.
2-3 septembre : des écoles détruites
Le premier incendie signalé dans cette série s’est produit dans la nuit du 2 au 3 septembre dans le quartier Cahi.
Les flammes ont ravagé l’école primaire Uhuru et l’Institut Fariala.
Selon la société civile locale, plus de 500 élèves sont concernés par la destruction de ces établissements.
La cause du feu n’a pas été établie.
La société civile affirme que les deux écoles n’étaient pas raccordées au réseau électrique et ne disposaient pas de cuisines. Elle demande aux autorités d’ouvrir une enquête.
4 septembre : 25 maisons touchées à Panzi
Le 4 septembre, un autre incendie s’est déclaré sur l’avenue Nyarwizimya 1, dans le quartier Panzi.
Selon la société civile locale, 19 maisons ont été calcinées et six autres détruites pour empêcher les flammes de progresser.
6 septembre : un nouveau sinistre à Panzi
Dans la nuit du 5 au 6 septembre, l’avenue Mujumba, à Panzi, a de nouveau été touchée.
La société civile fait état de plus de 40 maisons calcinées et 20 autres démolies afin de limiter la propagation du feu.
D’autres témoignages locaux évoquent un bilan pouvant atteindre 70 maisons détruites.
Ces chiffres ne sont pas concordants et doivent encore être vérifiés.
Aucune perte en vies humaines n’a été signalée dans les informations disponibles concernant cet incendie.
Nyamugo : 174 ménages sans abri
Le 6 septembre, un autre incendie a frappé le quartier Nyamugo, dans la commune de Kadutu.
Selon Hypocrate Marume, membre de la Société Civile de Kadutu, le feu s’est déclaré vers 15h30.
Son bilan fait état de :
- 39 maisons incendiées ;
- 35 maisons détruites pour empêcher la propagation ;
- 174 ménages sans abri ;
- 8 grands dépôts et 66 petits dépôts incendiés ;
- 4 restaurants et bars touchés ;
- 2 ateliers de réparation détruits ;
- 1 bureau de l’avenue Virunga incendié.
Aucune perte en vies humaines n’a été signalée, selon cette source.
Les marchandises constituent une grande partie des pertes. Pour de nombreux petits commerçants, leur destruction signifie également la disparition de leur capital.
Des centaines de familles touchées
Le Parlement citoyen des jeunes pour la démocratie et la bonne gouvernance appelle le gouvernement congolais à mettre en place une réponse humanitaire.
Son président, Amani Lwamba, estime que les conséquences de ces incendies sont particulièrement lourdes pour les familles qui viennent de faire face à la rentrée scolaire.
« Les enfants viennent de perdre tout ! Les parents ont vu disparaître tous leurs investissements et ils n’ont plus aucun espoir d’une intervention », déplore-t-il.
Il demande notamment une assistance en faveur des familles ayant perdu leurs logements et leurs biens.
Un bilan régional difficile à établir
Amani Lwamba affirme que son organisation a recensé 2 831 maisons incendiées dans l’ensemble du Sud-Kivu depuis février 2025.
Il avance également le chiffre de plus de 700 maisons qui auraient brûlé à Bukavu au cours de la semaine.
Ces chiffres proviennent des décomptes de cette organisation et ne constituent pas un bilan officiel.
La société civile évoque par ailleurs une situation préoccupante à Buhozi, où plus de 7 000 personnes seraient sans abri après la destruction de leurs maisons. Ce chiffre nécessite lui aussi une vérification indépendante.
Les causes restent largement inconnues
Pour plusieurs des incendies signalés ces derniers jours, l’origine du feu n’a pas encore été établie.
À Cahi, la société civile appelle à une enquête. Dans d’autres quartiers, les habitants s’interrogent également sur les moyens disponibles pour prévenir et combattre les incendies.
La répétition de ces sinistres pose une question urgente aux autorités : comment renforcer la prévention, l’alerte et les capacités d’intervention dans une ville densément peuplée comme Bukavu ?
Pour les familles sinistrées, cette question est immédiate. Elles doivent désormais trouver un toit, remplacer leurs biens essentiels et, pour les commerçants, tenter de reconstruire une activité dont le capital a parfois disparu en quelques heures.



