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Kamanyola : Grâce à une sensibilisation de RACOJ, les jeunes veulent prévenir les conflits autour des terres et du bétail

À Kamanyola, dans le territoire de Walungu, 25 jeunes étudiants ont participé mardi 25 août 2026 à une séance de sensibilisation consacrée à la non-violence, à la cohésion sociale et au vivre-ensemble organisée .

Dans cette localité située à proximité de la plaine de la Ruzizi, les participants s’inquiètent notamment des tensions liées à l’accès aux terres et à la circulation du bétail.

La rencontre s’est tenue à l’hôtel de la Plaine dans le cadre du projet « Pokea ujuzi na upone », avec l’appui technique et financier d’Impunity Watch. Le projet est mis en œuvre au Sud-Kivu par un consortium réunissant le Réseau des associations congolaises des jeunes (RACOJ) et Renaissance Africaine (RENAF).

Le programme intervient dans cinq zones : Walungu-centre, Kalehe-Ihusi, Irambi-Katana, Kamanyola et Kasali, dans la commune de Kadutu à Bukavu. Il comporte deux volets, consacrés à la cohésion sociale ainsi qu’à la santé mentale et à l’assistance psychosociale.

Déplacements et pression sur les ressources

Kamanyola connaît depuis le début de la crise des mouvements importants de population. Des personnes déplacées venues des villages environnants y ont trouvé refuge, tandis que des Congolais commencent progressivement à revenir du Burundi.

À cette pression démographique s’ajoute la période de transhumance et l’arrivée de bovins en provenance de la plaine de la Ruzizi.

Pour les jeunes participants, ces mouvements peuvent accentuer la pression sur les terres agricoles et les ressources naturelles et créer de nouveaux risques de conflits entre différents groupes utilisant les mêmes espaces.

Les participants ont notamment identifié les conflits entre agriculteurs et éleveurs, les conflits fonciers et l’exclusion des jeunes de certaines opportunités comme des facteurs susceptibles d’affaiblir la cohésion sociale.

Les terres au cœur des tensions

Dans une région où l’agriculture constitue l’un des principaux moyens de subsistance, l’accès à la terre représente un enjeu économique majeur.

La cohabitation entre agriculteurs et éleveurs devient particulièrement sensible lorsque les couloirs de déplacement du bétail croisent les terres cultivées. Une mauvaise gestion de ces différends peut rapidement transformer un désaccord local en conflit communautaire.

Les jeunes participants plaident donc pour la mise en place d’espaces permanents de dialogue permettant de résoudre les différends avant qu’ils ne dégénèrent.

Ils recommandent également de renforcer les mécanismes communautaires de règlement pacifique des conflits, notamment dans un contexte où certaines institutions judiciaires fonctionnent difficilement.

Faire des jeunes des acteurs de prévention

Pour Ntererwa Marie de Paul, chargé du suivi et de l’évaluation au sein du RACOJ et facilitateur de la séance, les jeunes doivent contribuer à diffuser les messages de paix dans leurs communautés.

Il les a encouragés à devenir des ambassadeurs de la non-violence, en partageant les acquis de la formation dans leurs établissements scolaires et auprès des populations.

L’enjeu est de faire de la jeunesse un acteur de prévention plutôt qu’un simple bénéficiaire des programmes de cohésion sociale.

À Kamanyola, cette approche prend une importance particulière alors que les déplacements de population, les retours du Burundi et la mobilité saisonnière du bétail continuent de modifier les relations entre les communautés.

Pour les participants, préserver le vivre-ensemble suppose donc de mieux gérer les ressources partagées — en particulier la terre, les espaces agricoles et les parcours du bétail — tout en donnant aux jeunes une place dans les mécanismes locaux de décision et de prévention des conflits.

Le défi est désormais de transformer ces espaces de sensibilisation en mécanismes permanents capables d’intervenir avant que les tensions liées aux ressources ne deviennent de nouveaux conflits.

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