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Sud-Kivu : à Ziralo, 10 234 ménages déplacés ou retournés confrontés à une crise humanitaire et à la pression sur les moyens de subsistance

Par Joëlle KUJIRABWINJA.

Dans les montagnes du territoire de Kalehe, à l’est de la République démocratique du Congo, le retour des populations déplacées ne signifie pas nécessairement la fin de la crise. Dans le groupement de Ziralo, la société civile estime que 10 234 ménages retournés ou déplacés restent confrontés à d’importantes difficultés d’accès à la nourriture, à l’eau, aux soins de santé et aux moyens de subsistance.


L’alerte a été lancée le 3 août 2026 par le Mouvement des Sociétés Civiles du Congo (MSCO), coordination de Ziralo, qui appelle les organisations humanitaires, les partenaires au développement et les autorités à renforcer leur intervention dans cette zone.


Selon les données communiquées par le MSCO, 8 187 ménages sont retournés et 2 047 sont encore déplacés dans quatre localités : Mianda, Tushunguti, Kusisa et Matutira.


Une crise qui touche aussi les communautés autochtones


Parmi les populations les plus vulnérables figurent les communautés autochtones pygmées, selon le MSCO.
L’organisation décrit des ménages confrontés à un accès limité aux terres cultivables et à une dépendance accrue aux travaux journaliers faiblement rémunérés. Cette situation réduit leur capacité à produire leur propre nourriture et augmente, selon elle, les risques de malnutrition.
Les enfants et les femmes enceintes ou allaitantes sont considérés comme particulièrement exposés.


La vulnérabilité est également liée à l’accès aux services essentiels. Le MSCO rapporte que plusieurs ménages autochtones vivent dans des abris précaires et disposent de peu de biens ménagers essentiels, notamment des bâches, des couvertures et des ustensiles de cuisine.L’accès aux soins et à l’eau potable demeure également difficile.


La pression sur les terres et les moyens de subsistance


Dans une région où l’agriculture constitue une source essentielle de revenus et d’alimentation, l’accès à la terre devient un élément central du relèvement.
Le MSCO demande notamment aux acteurs humanitaires de fournir des intrants agricoles afin de permettre aux ménages retournés de reprendre la production.
L’organisation plaide aussi pour des programmes permettant aux familles de reconstruire progressivement leurs moyens de subsistance, notamment à travers des transferts monétaires et des activités génératrices de revenus.


Cette approche est particulièrement importante pour les populations qui reviennent après plusieurs déplacements : retrouver un village ne suffit pas si les familles n’ont plus les outils, les semences ou les ressources nécessaires pour recommencer à produire.


L’aide alimentaire ne suffit pas


Le plaidoyer du MSCO demande une réponse qui combine l’urgence humanitaire et le relèvement économique.
Les priorités identifiées comprennent la distribution de vivres, l’assistance nutritionnelle, la construction ou la réparation d’abris, les articles ménagers essentiels, l’accès à l’eau potable et l’approvisionnement des centres de santé en médicaments.


Mais l’organisation insiste également sur la nécessité de soutenir durablement les activités agricoles et économiques.
Pour les communautés autochtones, elle demande que les projets humanitaires prévoient un ciblage spécifique, afin que ces populations ne soient pas exclues des listes de bénéficiaires.


Une population de retour, mais des moyens à reconstruire


Les chiffres fournis par le MSCO donnent une indication de l’ampleur des besoins, mais ils devront être confrontés aux données des autorités locales et des acteurs humanitaires avant d’être considérés comme une estimation consolidée de la situation.


À Ziralo, le défi est désormais double : répondre aux besoins immédiats des familles déplacées et retournées tout en leur permettant de reconstruire les moyens de subsistance qui pourraient réduire leur dépendance à l’aide.


Pour les communautés autochtones en particulier, cette reconstruction passe par l’accès à la nourriture, à la terre, aux services sociaux de base et aux opportunités économiques.


Dans ce contexte, la réponse humanitaire ne se limite pas à maintenir les populations en vie pendant la crise : elle doit aussi leur donner les moyens de reconstruire une économie locale et de rester durablement sur leurs terres.

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